L A B e n g

 

 

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La main de l'homme au travail

 

Le trait du dessin est la veine des sens. C’est lui seul qui traduit et révèle la main de l’homme au travail. C’est au cœur de cette œuvre.

Le dessin dans l’architecture est aussi indispensable que la narration dans le roman. Les façades volontairement sans aucune perspective, créent ce sentiment de construction infinie racontant la ville en mouvement. Entités indépendantes de la structure du bâtiment en continuel développement. Superposées, ces architectures sont la mémoire d'un voyageur dans le temps. Gravé dans la matière, le dessin est la substance de cette mémoire.

 

L’homme en mouvement

 

Le dispositif expérimente la question du mouvement. Le mouvement qui entraîne la perte de maîtrise, la perte d’espoir. Mécanique qui contraint la main et le dessin, traces structurées, perte de liberté, création infinie, stabilité perdue, sans début, sans fin, sans repère. Dramatisation du désespoir de l’artiste qui revient sans cesse sur l’œuvre qui s’efface. La machine relaie le désespoir de notre temps.

Ce mouvement est le rythme insoutenable dans lequel la société nous emporte. Il progresse, il s’accroît, il accélère et nous entraîne dans le système de la compétitivité économique.

Le monde crée la volonté d'aller toujours plus vite. Plus je vais vite, plus je suis performant, plus je suis performant mieux c’est, plus je progresse meilleur c’est. N’est-ce pas ? Pris dans ce mécanisme, pouvons-nous vraiment gagner la course contre la montre ?

Si on ne peut tenir le rythme, on est un étranger essayant de comprendre son propre habitat dans une ville en évolution perpétuelle. Dans cette spirale, les bâtiments tombent et rejaillissent. Et l'homme qui va et vient construit de nouveaux souvenirs. C’est l’urgence. Le sentiment du moment qui passe lorsqu’on se rend justement compte qu’il est en train de passer.

 

L’outil de l’homme

L’homme qui crée a toujours le besoin impérieux d’un outil. Le pinceau du peintre, le burin du sculpteur, la langue du poète, l’appareil du photographe… Et lorsque la création finale surgit enfin, l’outil participe à son effet. Mais, bien plus encore, elle a déjà une mémoire, celle des efforts de l’homme, du geste du pinceau, des textures qui se mêlent, de l’outil qui griffe le matériau, qui caresse la matière, de la rencontre avec le premier mot, des volontés et des hasards. Tout cela constitue son histoire, sa mémoire, son mystère. Le spectateur la perçoit peut-être, la ressent sûrement, d’une certaine manière, ou d’une autre. Mais finalement, « l’objet » garde une part de son mystère.

La machine-outil ne peut être utilisée que par deux personnes travaillant ensemble pour enregistrer son mouvement. Un travail collaboratif où l’échange est au centre de l’œuvre finale. Pourtant, quand la machine fonctionne, le mécanisme remplace la communication. Finalement, sa création -le dessin- enregistre le sentiment d’exaspération.

 

L’homme double

 

Un dispositif en deux chemins esthétiques. Ils jouent l’un avec l’autre, ou l’un contre l’autre. Duel ou fusion dans une époque prise entre deux feux : son histoire, sa mémoire, et la contrainte de se projeter avec insouciance sans cesse dans l’avenir.

 

 

 

 

 

The hand of the man at work

Drawing is the nervure of the ‘senses’, it is essential for a visual representation of man’s hand at work.

Drawing in architecture is as crucial as the narrative in a novel. Without any perspective and only the drawing of architectural façades, we attempted to create a feeling of infinite construction, symbolizing the moving city. Its heights appear as independent of the structure, as continuously evolving. Superposed, these architectures can be seen as the reminiscences of a time traveller’s mind being engraved in matter, the drawing being the substance of this subconscient memory.

The moving man

This dispositive experiments the question of movement. By proposing a sort of movement that leads to a lost of control and hope, this mechanism constrains the artist’s hand, his structured traces. It results in a loss of freedom, of stability, of references. Without beginning or end, without landmarks, the dispositive paradoxically echoes the longstanding artistic questioning on infinite creation. Central to it is a dramatization of the artist’s desperation, who comes back endlessly on the erased art work.

This movement also reflects the unbearable rhythm at which the actual society drags us. It progress, increases, accelerates and pulls us in the system of economic competitiveness. Both dispositive relays the agony of our time.

The system creates a chronic will increasing productivity, of going ever faster. The faster I go, the better it is. The more I have, the better it is. The highest I go, the better it is. Isn’t it? Trapped into this mechanism, can we really win the race against the clock?

We wanted for this piece to work with the idea of movement, the movement to be experienced from the viewer’s point of view of the artist in desperation. We feel that recent generations are more than ever dragged quickly into the fastening pace of society. And the faster it moves, the bigger it grows and the richer it becomes. This is where competitiveness becomes an inescapable part of the economic system; and if you cannot keep the pace, you’ll be left behind, as a stranger trying to understand his own habitat, being born into a city that has changed. On an ever-changing loop, buildings rise and fall, people come and go to build new memories. We where interested in translating the feeling of being in a rush, the feeling of a moment when you realize it s passing.

The tool of the man

The man who creates has the imperative need of a tool. The brush of the painter, the chisel of the sculpture, the language of the poet, the camera of the photographer… And when the final creation arises, the tool is part of the effect. This creation process already has a sensory memory, one that originates from human labour: the movements of the paint brush, the mixing of textures, a tool scratching the material and embracing the matter, the paper meeting with the first word of what is to be a book. All of this is the object’s history. Perhaps the spectator perceives it; he feels it surely: but in the end, the object retains an element of mystery.

The machine can only be used by two people, working together to record its movement. As the work is a collaborative project, the exchange between us two was a central part of the installation. When we activate the machine, communication is replaced by mechanism. In the end it’s creation, the drawing records the feeling of exasperation.

The double man

This device has two aesthetics ways. They play with each other, or one against the other. Dual or fusion in a time blocked between two fires: its history, its memory, and the constrain to protect it self with carefreeness towards the future.